C’est la première fois que j’écris un article aussi personnel sur mon blog. Mais après 4 mois de blogging, il est temps que je me dévoile un peu plus. J’ai choisi un sujet qui me tient à coeur mais qui est source de nombreuses critiques. Et parce que j’en ai marre d’entendre toujours et encore la même chose.


J’ai eu une enfance heureuse, épanouissante, et pourtant je suis fille unique. Mais contrairement à ce que la majorité pense savoir, ce n’est pas forcément un choix. Ni pour mes parents, ni pour moi. Mais la vie n’est pas toujours de votre côté.

Si je prends le temps de parler de ce sujet qui me tient à coeur, c’est parce que ça fait 23 ans que je prends sur moi. Mais je suis encore déçue et énervée d’entendre les mêmes remarques.

Etre enfant unique, c'est quoi pour vous ?

Nous, les enfants uniques, on est un peu considéré comme une espèce à part. Oui oui, ça peut paraitre choquant, mais c’est vraiment ce que je ressens.
D’après les dires, il semblerait que l’on soit tous des enfants pourris gâtés, qu’il nous suffit de claquer des doigts pour obtenir ce que l’on veut de nos parents et bien sûr, nous sommes tous des égoïstes finis.

C’est même devenu une sorte d'insulte. J’entendais encore la semaine dernière une amie parler du comportement désagréable d’un garçon et sa justification : « En même temps, il est fils unique donc c’est normal ». Je ne suis pas d'accord, on n’est pas des parias parce qu’on est enfant unique. 

J’en ai assez d'entendre les mêmes réflexions. Il y a des idiots partout, mais il faut arrêter de justifier ça par le fait qu’il est enfant unique. Un mauvais comportement, c’est souvent dû à une mauvaise éducation, rien d’autre.

 

fille unique

Quand vient la fameuse question « T’as des frères et soeurs ? » et que je réponds non, le même regard se pose sur moi, plein de sous-entendus. En gros, il y a deux types de personnes :

  • Les compatissants : ceux qui essayent d’imaginer la vie que j'ai, ce que ça fait d’être toute seule et qui ont très rapidement pitié de moi.
  • Les vexants : ceux qui me cataloguent tout de suite, sans me connaitre, comme égoïste et fille à papa.

(Bon j’vais pas être mauvaise non plus, y’a aussi des plus cool, qui en ont rien à cirer et qui se posent pas tellement de questions 😉 )


Vous savez, j’en ai entendu des conneries tout au long de ma vie. Un jour, on m’a dit «  T’es fille unique, donc tu sais pas ce que c’est le partage ». Entendre ce genre d’inepties, ça fait mal. Parce que j’ai grandi seule, je ne suis pas généreuse, c’est ça ? 

On n’est peut-être que 3 avec mes parents, mais la famille c’est pas seulement ça. J’ai l’immense bonheur d’avoir des cousins formidables qui ont toujours été là et qui eux, au moins, ne m’ont jamais lancé ce regard méprisant. Mes parents m’ont inculqué des valeurs et le partage fait partie des principales. Je suis fille unique mais je n’ai jamais eu de réticence à partager, bien au contraire.

Etre fille unique : ce que moi j’en pense

Etant enfant, le discours est différent. On m’a souvent dit que j’avais de la chance d’être toute seule, qu’il n’y avait personne pour m’ennuyer, que j’avais une grande chambre... Mais être fille unique pour moi, c’était autre chose. Ca voulait dire passer des après-midi à jouer toute seule, à jalouser mes copains en les entendant raconter les super moments qu’ils avaient passés avec leur frangin la veille, c’était espérer, sans relâche, d’avoir un petit frère ou une petite soeur.

Ca a aussi, en quelque sorte, forgé mon caractère et la personne que je suis devenue. Même si j’adore être avec mes amis et ma famille, je suis quelqu’un de solitaire. J’ai certainement plus tendance à me renfermer, à vouloir garder mes soucis pour moi. La solitude peut être réconfortante comme elle peut consumer.

fille unique

Et quoi d’autre ?

Même si ça peut paraitre évident, être fille unique, c’est être le seul enfant de mes parents. Ca veut dire que tous leurs espoirs, tous leurs rêves, toutes leurs envies reposent sur mes épaules. Toutes les questions que l’on se pose en grandissant semblaient avoir encore plus d’importance pour moi... Et si je les déçois ? Et si je fais pas le bon choix ? Qu’est-ce qu’ils en penseraient ? 

Pas de méprise ! Ce ne sont pas mes parents qui m’ont mis cette pression, loin de là. Mais quand on sait qu'on est la seule, on est obligé d’y penser. On se l’impose à soi-même, un peu inconsciemment.


Même si je reste persuadée qu’avoir des frères et soeurs, c’est le pied, être enfant unique m’a permis de développer une relation exceptionnelle avec mes parents.

On est proche, je leur fais confiance plus qu’à quiconque et je sais que je pourrai compter toute ma vie sur eux. Cette relation fusionnelle n’est pas toujours comprise et là aussi j’ai eu le droit à des réflexions désobligeantes. Mais non, je n’ai pas honte d’appeler mes parents régulièrement, de rentrer les voir plusieurs week-ends par mois et de me confier à eux. Bien au contraire, j’en suis fière.

fille unique

Le message que je veux faire passer

Ce que je veux vous faire comprendre, c’est qu’il faut arrêter de généraliser. Etre enfant unique, ce n’est pas un défaut ou une qualité, et ce n’est pas non plus une mentalité. C’est un fait, c’est tout.

Bien évidemment, moi aussi dans cet article, je fais des généralités. Tout le monde n’a pas les mêmes a priori, et heureusement ! C’est juste que les clichés ont la vie dure et j’avais envie de vous donner mon sentiment.

Je suis ce que je suis et il est certain que si j’ai souffert d’être fille unique, c’est le regard des autres qui m’a le plus blessé. Aujourd’hui, j’ai 23 ans, j’ai appris à l’accepter. La vie est comme ça et on n’a pas toujours ce que l’on veut. J’avance, tous les jours, en pensant au frère que je n’ai pas eu, mais en étant reconnaissante de l’éducation, des valeurs, de l’amour et tout simplement de la vie que mes parents m’ont offert. 

Je suis fille unique et j’en ai marre de me justifier.